Préambule

Bonjour à tous.

Les résumés des journées de notre séjour en Syrie rédigées par Michel Carnet sont parfaites, je vous les met en copie agrémentés de photos.

1 - Résumé voyage Syrie du Samedi 10/01 au Lundi 12/01/09

Samedi: plus de 80 pilotes se retrouvent à Orly avec des grosses malles remplies de paramoteurs et de voiles. On se demande comment la Syrian Airlines va tout mettre dans la soute et si ça va puer l'essence. Le problème est que les malles et cartons sont très volumineux et c'est avec le volume que ça coince, pas le poids.

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Déjà que l'avion annonce 4 heures de retard, mais au moment de partir, impuissant, nous voyons plusieurs remorques sur la piste avec pleins de nos bagages qui restent sur place. Pendant tout le vol, c'est un peu l'angoisse pour chaque pilote de ne pas savoir si les bagages sont a bord ou pas. Mais au moins nous sommes enfin sur la route de Damascus. Une fois en Syrie, c'est un peu la galère avec des queues interminables pour les passeports, surtout qu'il s'avère que une bonne moitié du matériel manque. Nous avons des pilotes sans paramoteurs, certains sans voiles, d'autres sans hélices ou cages, et beaucoup sans slips ni chaussettes. Il pleut et il caille. Nous roulons plus de 3 heures de nuit pour arriver à Palmyre à l'aube. On va se coucher.


Dimanche:un super repas buffet nous attend en début d'après midi. La vue panoramique du restaurant sur les collines rocheuses et les sites archéologiques nous prévoit des vols fantastiques, et ce long voyage épuisant est déjà oublié. Nous déballons les malles pour monter les machines. La plupart des pilotes qui ont du matériel se proposent de partager avec ceux qui n'ont pas, dans une super ambiance conviviale, entres les pilotes Français, Canadiens, Anglais, Irakiens, Saoudiens, Polonais, Italiens, Kuwaitiens et Libanais. Vent fort et météorologie propice au sur-développement. Nous visitons la citadelle au sommet de la falaise, déterminé d'y revenir en vol bientôt. Il me manque seulement ma cage et je trouve des tuyaux en plastiques et passe la soirée à en construire une. C'est pas très joli mais je veux voler !

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Lundi: On se réveille avec un beau ciel bleu et une visibilité incroyable. Le seul bémol c'est le vent fort et toujours ce froid de canard. Nous chargeons toutes les machines sur les camions et nous partons pour le chameaudrome à 15 kms.

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Par miracle, le vent tombe et c'est la ruée vers le camion citerne. Très vite ça décolle de partout et les pilotes peuvent enfin se défouler.


Nous sommes au bord du désert mais il y a des petites oasis éparses ou des campements de bédouins au loin, à quelques kilomètres et certains en profitent pour se poser et goûter au thé à la Syrienne.
Mon bricolage de cage avec des tubes en plastique n'est pas très beau et on se fout pas mal de ma gueule mais au moins je peux voler, même si je suis restreint au gonflage face voile.


Avec mon pote François Lagarde nous décidons d'aller survoler les ruines de Palmyre. Le vent y est toujours fort et on avance pas vite, mais quel spectacle!
Des ruines partout, des colonnes, des arches, des murs, des fouilles, un vrai paradis archéologique. En l'air, on devine bien l'ampleur du site, des remparts de la vieille ville. Il y a beaucoup de palmiers ainsi que des lignes électriques partout.
L'air est glacial mais très sec. Malheureusement le vent est trop fort pour le radada sur les ruines et nous repartons pour le dromadrome, ou le barbecue et les brochettes de poulet et crêpes nous attendent.
On nous dit que les bagages manquants arriveront seulement Mercredi donc les pilotes jouent le jeu et se partagent bien le matériel.
Sous une telle latitude en hiver, le soleil descend très vite et c'est un peu la panique pour repartir vers Palmyre pour prendre des photos dans les couleurs rougeâtres du soleil couchant en comptant sur le gradient du vent pour voler bas sans turbulence.
Il y a des paramoteurs partout. Karim, l'organisateur au sourire constant, a réussi à négocier une carte blanche pour que nous puissions faire ce qu'on veut, où on veut, et dieu sait si nous en profitons.
Pour bien illustrer l'esprit qui règne, un pilote fait un touch & go sur le toit de la voiture de la police locale, à 50km/h sur la nationale.
Une fois à Palmyre ça pose un peu partout et les plus téméraires essayent de se poser à la porte même de l'hôtel pour moins marcher. Les autres se voient offrir des récups sur dromadaire ou en mobylette.

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Les gamins apprennent vite comment on replie un parapente et se battent entre eux pour aider les pilotes. Ils savent aussi comment négocier les tarifs en 5 langues.
Tout le monde est crevé et attend avec impatience et grande faim le repas du soir dans une grande tente bédouine avec musique orientale et danseuses Syriennes.


Quelle belle première journée de vol ! Déjà beaucoup d'anecdotes, de problèmes de carburation, d'hélices cassées, de belles photos et films, de coups de soleil, de gastros, de grippes.
Je suis tellement épuisé que j'entend même pas les ronflements de Jean-Yves Magnan avec qui j'ai l'honneur de partager la chambre.
J'ai hâte de voler demain, inch'allah.

Michel Carnet

2 - Résumé voyage Syrie du Mardi 13/01 au Mercredi 14/01/09

Mardi: ciel bleu. Nous retournons sur le chameaudrome où le vent est parfait. Nous devons décoller et suivre une route en arc de cercle pour nous rendre vers une oasis à 15kms où il y a une source d'eau chaude naturelle. Atterrissage dans toutes les directions, avant d'aller se baigner dans une piscine découverte d'eau bouillante et sulfureuse, en buvant le thé.

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Repas sandwich avant de repartir vers Palmyre. C'est vraiment tentant de faire la ligne droite, malgré le risque de récup cauchemar en cas de panne. Le problème est que la visibilité  est tellement bonne que tout paraît beaucoup plus près que dans la réalité.
Leszek, le Polonais décide de ne pas voler et entreprend  la grande traversée à pied vers Palmyre, avec Glen Miller au baladeur: 6 heures pour 30 kms.
Il y a quelque chose de jouissif de se retrouver tout seul au milieu du désert, à une demi-journée de marche du premier sentier battu, se fiant à un moteur de tondeuse. Pourtant, comme dans tous les rassemblements paramoteurs, il y a plein de pannes en tout genre.
Même quand les moteurs marchent bien, on est tenté de se poser lorsqu'on rencontre un campement de bédouins. L'accueil est toujours chaleureux, et on finit par boire beaucoup de thé.
La géologie du coin est intéressante et très variée. Il y a des sables de toutes les couleurs, des sables mouvants, des pierres, du sel, des puits, de la boue et de l'eau. Frank Duchossoy se fait piéger dans du sable mou plein de racines et galère pour redécoller sans vent d'un campement de bédouins. La nuit tombe vite et il est épuisé.
Les autres pilotes bourdonnent sur Palmyre au milieu des ruines et les techniques s'affinent pour se poser devant, ou même dans l'enceinte de l'hôtel, ce qui chagrine un peu les propriétaires de mobylettes et de chameaux, qui aiment faire le taxi.


Une alerte est donnée pour retrouver le pilote manquant et un des camions suit une piste de chameaux et s'enlise complètement. Franck arrive quand même à re-décoller et fait un vol de nuit, pour se poser sur la route devant l'hôtel dans l'obscurité totale.


Qu'est ce qu'on mange bien quand on a très faim et qu'on est épuisé mentalement et physiquement. L'adrénaline coule toujours dans les veines des pilotes qui se racontent leurs beaux vols à table.

Mercredi:  Il fait beau!
Le matériel manquant arrive à l'aube et le foyer de l'hôtel devient un vrai souk. C'est comme le jour de noël et enfin tous les pilotes retrouvent leur équipement et leurs habits.


Karim réquisitionne deux camions supplémentaires pour porter au moins 70 paramoteurs et voiles, ainsi qu'une montgolfière. Nous allons à une vingtaine de km vers le nord-ouest au bord d'un lac artificiel, une réserve naturelle d'oiseaux rares. Aire de décollage caillouteuse et pénurie de vent, il y a un peu de casse d'hélices, de suspentes, de châssis, de voiles, et quelque points de suture.
Le site est magnifique, le lac vert est entouré de falaises de couleurs différentes avec une érosion spectaculaire.

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L'avantage de voler ici en hiver est que malgré le soleil, la masse d'air est très stable dans ces conditions anticycloniques, même en milieu de journée.
Dans la vallée d'à côté, nous voyons des campements militaires discrets, des tentes entourées de murs de sable qui s'avèrent être des stocks de munitions et de missiles, si on en croit les adeptes du radada.
Retour en vol dans l'après midi vers Palmyre, en survolant une carrière de marbre blanc neige.


Sur la place centrale, il y avait une manifestation contre la guerre à Gaza de plus de 10000 personnes et on avait demandé à cinq pilotes de faire un survol pour la télé Syrienne. Dans l'euphorie, deux des pilotes se percutent et chance inouïe reprennent le contrôle de leurs ailes, avec seulement un bout d'aile broyé par l'hélice de l'autre.
Nous nous lassons pas de voler dans ce beau paysage car il y a tellement à voir et à prendre en photo.
Le paramoteur c'est vraiment le pied !

Michel Carnet

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3 - Résumé voyage Syrie du Jeudi 15/01 au Vendredi 16/01/09

Jeudi: Même ciel bleu à Palmyre auquel nous nous habituons. Au programme, se rendre à une trentaine de kms sur la réserve de Talila, réputée pour ses gazelles et ses oryx. Une fois sur place, le vent est quasi nul et change constamment de direction. C'est une vraie galère pour décoller, plusieurs abandonnent et d'autres décident de ne pas voler.

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Tous les jours il y a une petite compétition entre quelques pilotes avides pour qui décollera le premier. C'est souvent Luc Warth qui gagne, comme quoi c'est plus facile de décoller quand on sourit.
La réserve est à quelques kilomètres et à plusieurs nous nous posons à l'entrée pour prendre le thé et demander la permission de survoler les animaux. On nous donne le feu vert et nous partons à la chasse-photo.
Il y a un gros troupeau d'oryx qui galopent vite, mais pas aussi vite que ma Réaction 31. Les gazelles aussi vont vite.


En milieu d'après midi, de plus en plus de pilotes se décident à voler, pour au moins faire le vol retour vers Palmyre. On nous donne l'autorisation de survoler l'aérodrome militaire et nous allons bien en profiter. Le soldat avec sa mitrailleuse en bout de piste n'a pas l'air content du tout. La Jeep kaki qui nous poursuit sur les trois kilomètres de piste non plus. Pourtant Pascal Alvarez et moi ne prenons pas de photos, nous faisons du footdrag côte à côte. Je regarde derrière moi et je vois une escadrille de paramoteurs qui suit, y compris notre ami Serge, le curé du Loir et Cher sur sa Dakota au radada, qui saura bien nous donner l'absolution.
Une fois sortie de l'aérodrome nous survolons un match de foot dans une prison. Là par contre on a pas osé atterrir pour le thé. Encore un vol typique du soir à Palmyre, où les ruines jouent avec leurs ombres, et des paramoteurs partout. La vallée des Tombeaux est particulièrement extraordinaire, c'est l'entrée Ouest de Palmyre, on imagine arriver en Chameau après une longue traversée du désert. C'est un venturi qui se recouvre de sable, on dirait de la neige poudreuse avec des monuments en ruine qui dépassent.
Un petit bémol, certains gamins du coin prennent plaisir à lancer des pierres aux pilotes en radada ou en approche finale. Un pilote est touché à la nuque. C'est dommage car cela fait réfléchir avant de se poser dans la foule.
Petit à petit, la liste de pannes paramoteur augmentent. On cherche des compresseurs, des soudeurs, des ébénistes, du papier de verre, des machines à coudre etc...

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Le soir, gâteau surprise pour l'anniversaire de Zoubida.

Vendredi: Par hasard, il fait beau. Ce petit déjeuner au restaurant panoramique, avec vue sur les ruines au soleil, je ne m'en lasse pas. Nous retournons au chameaudrome. Vent léger. On nous demande de voler en libre puis de se rendre en ville à 14h00 pour survoler une manif contre la guerre à Gaza. Il y a des lignes électriques et des lampadaires partout et le survol de l'avenue est périlleux. Malgré tout, certains pilotes chevronnés font des passages bas. Le problème est quand ils le font dans les deux sens et il n'y a pas la place pour se croiser. Il y a un dieu pour le radada et il s'appelle Allah.
Par contre, Seb essaye de re-décoller sur la route à l'entrée de l'hôtel et se prend un poteau, se blessant à la cheville. Le soir il y a une conférence de presse à l'hôtel avec toutes les télés Syriennes et aussi Al Jazeera. Il y a beaucoup de curiosité avec les médias Arabes sur le surréalisme de venir voler en paramoteur en Syrie pour le plaisir pas très loin des évènements à Gaza, où les morts se comptent par centaines. Le rallye est maintenant officiellement attaché à la cause pour la paix. Nous nous sentons un petit peu manipulés, mais nous jouons le jeu, tellement reconnaissants d'avoir eu le droit de voler dans la région. Le paramoteur est sur la chaîne Al Jazeera, c'est déjà çà.

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Nous avons chargé les camions pour partir à l'aube vers Homs, et le fameux Crak des Chevaliers.

Michel Carnet

4 - Résumé voyage Syrie du Samedi 17/01 au Lundi 19/01/09

Samedi: Nous quittons Palmyre avec beaucoup de regrets. Nous y avons beaucoup volé et nous avons été vraiment bien accueillis. Hier soir, les généraux militaires sont venus à l'hôtel, intrigués par ces drôles de machines volantes qui avaient pris d'assaut leur piste. Nous avons pris le thé ensemble et ils ont fumé les gros cigares de Assaad.
Nous arrivons à Homs, après deux heures de route, dans un hôtel 5 étoiles, arrêt pipi avant de repartir pour le Krak des Chevaliers à une heure de route. Il y a trop de vent, nuages bas, aucune chance de voler. Certains veulent aller en ville, d'autres manger et d'autres visiter le Krak. Le soleil tombe et pour éviter la célèbre dynamique de groupe, Pascal Alvarez et moi décidons de faire du stop. Immédiatement une camionnette s'arrête avec plein de jardiniers debout à l'arrière. Nous chargeons Serge le curé avec les arbustes et ils nous emmènent au Krak. Quelle belle forteresse ! Il faut absolument voler ici. A Palmyre nous avions un poster de vue aérienne de ce site et j'en ai rêvé. Demain peut-être.
Le soir, spectacle de danse de gamines Syriennes et soirée télé Al Jazeera avec du paramoteur et des cadavres d'enfants sanglants dans les rues de Gaza.

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Dimanche: Départ à 7 heures pour les optimistes qui veulent aller voler sur le Krak. Vent fort et brouillard. Deux heures plus tard, on revient à l'hôtel pour un 2ème petit déjeuner, tellement c'est bon. Le barbier de l'hôtel fait un tabac, avec son rasoir et ses ciseaux.
Nous partons pour Maalula, vers Damas, là où la croix de Jésus avait été cachée. Notre hôtel se trouve au sommet de la falaise à 1600 m. Les failles dans la roche sont expliquées dans la bible parce qu'elles ont ouvert le passage à je ne sais plus qui. Moi je pense que c'est l'érosion, et beaucoup d'eau ou de glace est passée par là.


C'est volable mais pas d'autorisation et la nuit tombe. Visite d'églises de ce peuple Aremite qui parle encore la langue de Jésus. Super souper en altitude.

Lundi: Nous sommes sur le chemin de Damascus. Nous arrivons au grand stade municipal de foot (Al Fayhaa stadium). Cà vole mais la visibilité est moindre et le vent est quasi nul, changeant de direction. Re-bagarre pour qui décolle le premier. Karim est vite en l'air, Luc aussi mais il n'a pas voulu changer de place et il traverse vite le stade et doit tourner avant les gradins. Cà ne passe pas et il se pose de façon pas très élégante, mais sans bobos.

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Il fait très froid, on ne voit pas très loin, mais on vole à Damas quand même, il faut en profiter. Une douzaine de pilotes en profitent, Serge bouffe sa voile dans l'hélice après un très beau vol.

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La télé est contente, et nous aussi. Notre nouveau slogan: GAZA fond, GAZA fond !
Dernier vols, rangement dans les malles. C'est triste.
Visite du grand souk et d'une mosquée incroyable.

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Départ aéroport et bientôt de retour à Paris.

Merci Karim et son équipe.

Michel Carnet
2 - Résumés voyage Syrie 2009